ITW Slimane Salhi – Coordinateur Formation de la Ligue de l’Enseignement.

En ce qui concerne la lutte contre l’illettrisme, les chiffres de la journée défense et citoyenneté démontrent que la Nièvre est l’un des pires départements de France s’agissant des jeunes en difficulté de lecture. Explications. Dans la Nièvre, 14,4 % des jeunes qui ont participé à la journée défense et citoyenneté sont en difficulté de lecture.

Les données

D’après les chiffres publiés par le ministère des Armées (journée défense et citoyenneté), le département est le troisième plus mauvais en France. La statistique nivernaise, comparée aux départements voisins et limitrophes est significative : plus d’un point supérieur à la Saône-et-Loire (12,4 %), plus de deux points supérieurs à l’Yonne (11,9 %) et loin devant la Côte-d’Or (9,2 %). Elle est aussi trois points supérieurs à celle de l’Académie de Dijon (11,5 %) et de la région Bourgogne-Franche-Comté (11,1 %).

Au niveau national, la part de jeunes en difficultés de lecture est de 10,8 %… et 9,7 % uniquement en métropole.

Profils et journée défense et citoyenneté

Les chiffres ci-dessus sont issus de la JDC. Cette journée est obligatoire pour tous les Français âgés entre 16 et 25 ans. En 2016, en France, plus de 760.000 jeunes ont pris part à cette journée et à une évaluation sur l’illettrisme.
En 2018, concernant les profils 1 et 2, les difficultés sont les plus sévères. Si les chiffres de la Nièvre ne sont pas connus. Ceux des académies et au-delà ont été publiés : en France, sur les 10,8 % de jeunes en difficultés de lecture, 5,1 % ont de graves difficultés (4,3 % en métropole).

Avec ses 4,9 %, l’académie de Dijon est huitième sur les vingt-six en France métropolitaine. Les académies d’Amiens, Poitiers et Aix-Marseille sont les plus en difficulté. Au niveau des Régions, la Bourgogne-Franche-Comté compte 4,7 % de jeunes correspondant aux profils 1 et 2, cinquième résultat le plus haut sur les treize Régions. Pour connaître les chiffres de la Nièvre, il faut remonter à 2015. Sur cette année, pour les profils 1 et 2, notre département figure dans le top 15 des départements où les jeunes sont proches d’une situation d’illettrisme (4,7 %). Un point de plus que la France métropolitaine (3,6 %), 0,6 point de plus que la Bourgogne-Franche-Comté (3,9 %).

Interview de Slimane Salhi

Pour Slimane Salhi, coordinateur formation à la Ligue de l’enseignement de la Nièvre. En effet, ces chiffres sont inquiétants. Surtout lorsque l’on sait que l’une des causes de l’illettrisme est le délitement des connaissances à travers le temps. D’après Slimane Salhi Ce n’est pas que notre système éducatif est mauvais. C’est qu’à un moment, il y a eu une interruption du parcours scolaire. Cette interruption a provoqué un retard dans l’acquis des savoirs. C’est un phénomène accentué par le manque de pratique de la lecture, de l’écriture et du calcul dans la vie quotidienne.

Pour expliquer les mauvais chiffres de la Nièvre, Slimane Salhi mentionne la ruralité. La moitié des personnes en situation de fragilité linguistique vit dans des zones faiblement peuplées. Enfin, il évoque aussi le type de formations choisi : Souvent, on abandonne le collège pour un accès à l’apprentissage pour avoir un travail très vite. Mais lorsqu’il y a échec, certains ne poursuivent pas. C’est ensuite difficile de raccrocher. Nadine Corbelon, de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, abonde : Par exemple, j’ai déjà vu une jeune femme en difficulté sévère des suites d’une longue maladie lorsqu’elle était enfant, ce qui a induit une scolarité complètement décousue. Aujourd’hui, elle a rattrapé son retard. Elle a passé un master.

http://www.fol58.org/fr/pages/illettrisme/ascali.html

Pierre Destrade – Journal du Centre du 15.09.18

 

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